année 2010

le Messager 30 décembre 2010

Les dix commandements du choriste

  1. Aux répétitions, ponctuel, tu seras !
  2. Les conseils du chef de chœur, tu noteras !
  3. En chantant dans toutes les langues, tu voyageras !
  4. A chaque répétition et chaque concert, le meilleur de toi, tu donneras !
  5. Pour les pots d’après-concert, tes talents de cuisinier, tu exerceras
  6. Avec plaisir tu chanteras, et ta bonne humeur communicative amèneras !
  7. Les chants et les airs tu apprendras !
  8. Ton chef de chœur, tu écouteras, et les yeux sur lui tu garderas !
  9. Ton cœur par ta voix sortira et ton émotion révéleras !
  10. Fier ambassadeur de la chorale tu seras, et sa promotion assureras !

Un peu d’humour

Anthologie du portrait de choriste

Amis choristes, vous vous reconnaîtrez certainement à travers la redoutable caricature décrite par Jean BOUCHON né en 1955 à Lyon, personnage partagé entre la musique et la littérature et Directeur de l’Académie de Musique de Nice depuis 1984.

 

Le sans gêne

Il a l’air de souffrir quand c’est un autre qui chante. C’est pour cela qu’il se bouche toujours une oreille. Bruyant, il parle haut, interpelle le chef.. Chaque chorale a son sans-gêne, et elle doit faire avec…

Le paresseux

C’est un homme doux, un rêveur qui s’est fourvoyé dans une chorale et ne sait pas comment s’en sortir. Alors il reste. De pareils choristes ne sont pas dangereux. Ils donnent au public l’illusion du nombre.

Le touriste

On le voit de temps à autre débarquer dans la salle de répétition. On ne sait pas trop s’il fait vraiment partie de l’équipe. Il ignore quasiment tout du répertoire mais cet authentique figurant sera présent le jour du concert pour faire du play back et c’est lui qui s’inclinera le plus bas, pour saluer….

Le sportif

En répétition, campé sur ses pieds tel un haltérophile, il bombe bien le torse pour prendre sa respiration, se met en apnées avant d’attaquer les notes et devient tout rouge avant d’expulser le moindre son. Il chante de la gorge, tout en force : plus c’est fort, mieux c’est….

Le (rare) ténor

Heureuse la chorale qui possède des ténors. Qu’ils soient bons ou mauvais, les ténors sont des êtres très chers. Quoi qu’il en soit, devant la pénurie, baptise-t-on volontiers «ténor» un malheureux baryton qui souffre le martyr dans les aigus, mais qui ne se plaint pas, fier qu’il est d’être un objet précieux…

Celui qui s’ennuie

Consulte souvent sa montre. Il a toujours disséminé parmi ses partitions, quelque article intéressant à reluquer, quelque revue ou à défaut quelque chose à manger… Il bouge beaucoup sur place ou s’assoupit inopinément selon le cas. La plupart du temps il pense à autre chose, il observe les murs de la salle et il souffle beaucoup. Si c’est une dame, on peut la voir consulter ses messages sur son portable ou, entre deux soupirs, se limer les ongles…

Le donneur de conseils

A force de l’écouter, on finit par faire les mêmes erreurs que lui. C’est lui qui, généralement, offre généreusement son temps en faisant perdre le leur aux autres.

Le bavard

Il a mis au point une technique lui permettant de chanter et de parler en même temps…

Le distrait

Il est rarement à la bonne page… Son classeur est un fouillis indescriptible : les chants sont rangés dans n’importe quel ordre, on y trouve aussi bien la liste des commissions. Il rêve, oublie les départs et doit rattraper les autres en cours de route.

Le braillard

Il chante plus fort que tout le monde dès lors qu’il croit savoir sa partie. Il n’a qu’un seul credo : fortissimo. Il est moins grave qu’une épidémie, mais fait beaucoup plus de bruit…

Celui qui a passé l’âge

On l’a déjà éjecté de plusieurs chorales mais il insiste. Sa voix chevrote, il manque d’air… Ayant perdu une partie de son acuité auditive il avance au juger et improvise beaucoup.

La complexée

Le plus difficile est pour elle est… de chanter ! Aussi a-t-elle une toute petite voix. Elle n’attaque jamais franchement les notes, surtout dans la nuance forte ; elle redoute les couacs… Celle-là peut chanter faux à satiété sans que cela dérange quiconque. Avec son demi-décibel elle est inaudible.

Le consciencieux

Obsédé des annotations, celui-là note tout sur ses partitions. Il souligne, surligne, multiplie les ajouts, les couleurs, fait des renvois, des commentaires. Personne ne s’y retrouverait. Pas même lui.

Celui qui a de la voix

Pour obtenir une sonorité harmonieuse il est nécessaire d’homogénéiser le timbre des pupitres. Les voix les plus timbrées se voient sommées de rentrer dans le rang. Alors malheur à celui qui possède un bel organe. Celui qui a de la voix sera souvent prié… de se taire.

Le sensible

Un moindre pianissimo l’émeut, il aime la musique et souvent elle le bouleverse. Il a souvent la larme à l’œil.et au premier problème relationnel, il en perd le sommeil et fond de cinq kilos. Il souffre en silence mais la musique finit par le consoler de tous ses maux…

Le râleur

Il n’est jamais content, n’aime pas le programme, trouve que l’on apprend trop vite ou trop lentement, que le calendrier est trop chargé ou trop maigre.. De toute façon la tenue de concert est ridicule et il ne supporte pas la façon de travailler du chef… Il se demande ce qu’il fait là. Les autres se posent… la même question…

Celui qui rechigne à chanter en étranger

Il veut bien chanter n’importe quoi, mais surtout pas en étranger. Il a l’oreille musicale, mais pas la mémoire des sons. Sa prononciation est laborieuse, et maladroite. Il bute sur chaque mot. C’est une souffrance pour lui et pour ses voisins.

L’enseignant

Il commet parfois l’exploit de maîtriser les rudiments du solfège. De plus il est souvent ouvert aux attentes du chef. C’est un élément fort appréciable pour une chorale. Bien qu’ayant appris, à l’IUFM, à placer efficacement son larynx afin d’éviter l’extinction, lorsqu’il chante, l’enseignant a beaucoup de mal à retrouver les bonnes sensations. Celui-là qui ne peut s’impliquer sensuellement, le fait… pédagogiquement…

L’informaticien

Il rentre toutes ses partitions dans le programme de son ordinateur et les réécrit en plus gros. Car il travaille ses chants au bureau. Souvent il arrive à la répétition avec une autre version d’une œuvre, découverte par inadvertance sur internet. Il est alors tout fier d’exhiber sa trouvaille. Pour lui, la musique reste avant tout une discipline mathématique et le solfège un code binaire. Il ne communique d’ailleurs avec les autres choristes que par courrier électronique. Rien d’étonnant, alors, à ce que, parfois au beau milieu d’un chant, il bugue.

 

Et il y aurait encore le psychologue, le dragueur, l’étudiant fauché, le naïf, l’étourdi, celui qui a de l’ambition…le couple âgé, le juriste,

Tiens, le juriste

Il ramène tout aux statuts de l’association et à la loi. Il intervient lors des assemblées générales pour remettre les responsables sur les rails dès lors que ces derniers s’en écarteraient un tantinet. Avec lui on ne peut pas dévier. Il est la garantie morale et l’assurance juridique de la chorale.

Et, enfin, très rare, le choriste normal

Celui-là n’affiche pas de tare particulière, il ne jalouse pas ses congénères, est né équilibré, n’a pas l’esprit tordu mais aime simplement chanter.

Il n’a pas une voix extraordinaire, mais juste. Il possède quelques notions de solfège. Il a bon caractère, ne médit jamais. Il aime bien tous styles : classique, romantique, même la variété. Celui-là ne se fait pas remarquer, on l’oublierait presque, sinon aux concerts : car c’est lui qui assure le mieux. C’est le choriste idéal, le préféré du chef de chœur. Un cas… très rare.

 

Il y aurait encore l’inquiet, le cadre, l’agressif, le soliste et bien d’autres mais n’oublions pas :

Le bon président (ou la bonne présidente)

Un homme (ou une femme) qui connaît bien le fonctionnement de la chorale pour l’avoir pratiquée pendant de nombreuses années, il est expérimenté, compétent et respectable. Il a une bonne présentation. Les chevelus en jogging avec piercing à la narine ont peu de chance d’hériter de la fonction. Il sait écouter ses interlocuteurs, entendre leurs doléances, analyser les problèmes, définir les objectifs, planifier les actions et en fin de compte mener à bien ses projets personnels en ne tenant compte de l’avis de personne. Donc le président doit être entêté. Cependant un obstacle subsiste, le chef de chœur ! Et c’est bien là le drame du président car il doit savoir humblement s’effacer devant le maestro au moment de recueillir les fleurs du succès car, malgré ses responsabilités, le président ne tient pas la baguette ! Cependant le président saura se rattraper et briller en particulier quand il fera des discours.

 

Mais que serait une chorale sans ce fameux …

Chef de chœur

Le chef de chœur rayonne sur ses ouailles, se pavane parmi sa cour. Caractériel, il s’enflamme volontiers au moindre couac, devient tout rouge et pique des colères noires. Mais c’est pour le bien de la collectivité. Capricieux, il change souvent d’avis. Il est quelquefois bizarre mais c’est un artiste. Qu’il soit devenu chef par vocation, par un concours de circonstances ou par le plus grand des hasards, qu’il soit chanteur sur le déclin ou jeune prof de musique, qu’il soit bénévole ou rémunéré, il est avant tout un être travailleur, un utopiste ambitieux et surtout un homme extrêmement patient. Pour accomplir sa tâche il doit avoir un moral très solide. Parmi ses nombreuses responsabilités, nous citerons en vrac, le recrutement des choristes, le choix du répertoire, l’élaboration d’une saison équilibrée, l’organisation des répétitions, l’animation du groupe. Il doit être un bon communicateur. Bref un vrai chef de chœur est tout cela à la fois : sélectionneur, entraineur, soigneur, éducateur, psychologue, psychiatre… Et, en plus, il doit être MUSICIEN. Alors qu’on l’aime ou qu’on ne le supporte pas, qu’il soit respectueux ou insultant, sympa ou mal embouché, qu’il suggère la musique ou que l’on ne comprenne rien à sa battue, le chef est le chef, il faut lui obéir : un point c’est tout !

 

Propos recueillis par Sylvie MAURICE lors du Congrès de l’ASCA du 12 octobre 2008, et publiés avec son aimable autorisation.

***

Scènes  de ménages…

 

Les bienfaits du chant choral

1/- Chanter, c’est bon pour la santé :

–          Chanter favorise l’élimination du stress en nous permettant d’évacuer nos émotions responsables de notre anxiété. La respiration abdominale permet également l’oxygénation de notre organisme. Nous nous sentons alors plus détendus.

–          Chanter permet de chasser les idées noires.

En chantant, notre cerveau commande aux glandes endocrines la sécrétion d’endorphines, anti-dépresseurs naturels. Ainsi, notre humeur s’en trouve améliorée et on voit « la vie en rose » pendant plusieurs heures.

–          Chanter donne confiance en soi

En trouvant sa voix, le chant permet d’affirmer sa voie. Véritable pratique de confiance en soi, le chant permet de bien placer sa voix, ce qui donne de l’assurance qu’elle soit physique ou dans l’expression de soi.

–          Chanter améliore nos capacités respiratoires

Chanter requiert une respiration abdominale, cette même respiration qu’ont les bébés à la naissance et que nous perdons par la suite. En chantant, nous rééduquons notre manière de respirer.

–          Chanter soulage le mal de dos

Pour pouvoir chanter, il est nécessaire de se tenir droit et de relâcher les épaules. De plus, en chantant, nos cordes vocales se mettent à vibrer. Le larynx fait vibrer les sons à l’intérieur de tout notre corps, en particulier au niveau de la colonne vertébrale, permettant ainsi à notre dos de bénéficier d’un délicieux massage vibratoire.

–          Chanter améliore notre créativité

Toute notre éducation vise au développement du cerveau gauche, c’est-à-dire la partie chargée de la logique, du raisonnement. Ainsi, nous négligeons le côté droit du cerveau, siège de l’intuition, de la créativité, des capacités artistiques. Chanter active le cerveau droit et nous permet de développer l’intuition et la créativité, indispensables à un équilibre harmonieux.

 

2/- Chanter en chœur

Tous les membres de notre chorale vous le diront : le chant choral, en plus d’offrir les bienfaits de l’art choral que nous venons de lister, constitue une activité sociale enrichissante. Chanter en groupe, c’est respirer ensemble, fournir un effort collectif et contribuer à un résultat global en synchronisant son énergie et celle des autres.

De plus, appartenir à une chorale favorise les échanges intergénérationnels, la communication, le partage et l’écoute de l’autre.

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Pour illustrer ces propos, voici un article paru le 20 juin dans « La Vie » :

Le chant : techniques de base

Pour bien chanter, il est nécessaire d’avoir une bonne technique vocale. Celle-ci s’acquiert en travaillant entre autres la posture, la respiration et le placement de la voix.

En résumé, la posture la plus adaptée pour chanter n’est rien d’autre qu’une bonne posture physique générale, autrement dit l’alignement de toutes les parties du corps dans son équilibre normal.

Concernant, la respiration, l’expiration est tout aussi importante que l’inspiration au cours de laquelle le diaphragme se dilate.

Le placement vocal correct, quant à lui vise à placer le son dans le masque (région de la tête située juste derrière les yeux).

Pour approfondir ces différents points, vous trouverez ci-après une bibliographie et une sélection de sites internet.

–                     BIBLIOGRAPHIE :

 Les deux ouvrages mentionnés ci-dessous sont disponibles à la bibliothèque municipale de Sallanches (www.bibliomontblanc.com)

– « Apprendre à chanter » / Phyllis Fulford et Michael Miller . – Ed. Marabout

Des conseils vous seront donnés pour, d’une part découvrir votre tessiture idéale et améliorer votre voix grâce à des exercices pratiques, d’autre part connaître les bases de solfège et enfin protéger et conserver la santé de votre voix.

– « Le chant sans professeur : une méthode claire et des mélodies choisies à l’intention du débutant » / Graham Hewitt . – Les Editions de l’Homme

Cet ouvrage vous présente les principes de base de la technique vocale.

–           DES SITES INTERNET :

http://jaidumalachanter.tk/

Site destiné aux amateurs de chant choral, et plus particulièrement à ceux pour qui l’oreille et la mémoire sont plus utiles qu’une partition… et qui souhaitent progresser.

– L’atelier de chanteur

http://chanteur.net/

– Corpsyphonie

http://corpsyphonie.fr

Des conseils intéressants dans la rubrique « Formation ».

– http://www.apprendrefacile.com/cours-video-chant-gratuit

Des vidéos pour approfondir certaines techniques de base du chant

–          http://abc-apprendre-com/musique/chanter

Une sélection de sites pour vous aider à apprendre à chanter.

Certes, ces livres et sites internet sont utiles, mais

RIEN NE REMPLACE LES CONSEILS AVISES DE NOTRE CHEF DE CHŒUR.

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D’autre part,  pour bien chanter, il est nécessaire d’avoir une bonne diction.  L’un des grands avantages qu’ont les chanteurs sur les autres musiciens est la capacité à raconter une histoire ou à exprimer des émotions à travers les mots d’une chanson. Les paroles puissantes, qu’elles évoquent le bonheur ou sa perte, émeuvent les auditeurs et touchent les coeurs, personnellement et profondément, depuis les temps lointains où nous avons développé le langage. C’est parce que les mots sont si importants que le chanteur a le devoir d’apprendre à les former correctement, de façon à ce qu’ils mettent en valeur une belle interprétation musicale plutôt que de la gêner.

Voici quelques exercices amusants pour améliorer votre diction : répétez chaque phrase à haute voix (sans bafouiller…) :

  1. Trois tortues trottaient sur un trottoir très étroit.
  2. Trois petites truites non cuites, trois petites truites crues.
  3. Si six scies scient six cyprès, six cent six scies  scient six cent cyprès.
  4. Papier, panier, piano.
  5. Tu t’entêtes à tout tenter, tu t’uses et tu te tues à tant t’entêter.
  6. Où niche la pie ? La pie hiche haut. Où niche l’oie ? L’oie niche bas. Où niche l’hibou ? L’hibou niche ni haut ni bas.
  7. Fruits frais, fruits frits, fruits cuits, fruits crus.
  8. Ces six saucissons-ci sont si secs qu’on ne sait si c’en sont.
  9. Cinq chiens chassent six chats.
  10. Un chasseur sachant chasser sait chasser sans son chien.
  11. Je veux et j’exige d’exquises excuses.
  12. Les chaussettes de l’archiduchesse sont-elles sèches, archi-sèches ?
  13. Tes laitues naissent-elles ? Si tes laitues naissent, mes laitues naîtront.
  14. Petit pot de beurre, quand te depetitpotdebeurreriseras-tu ?
  15. Seize jacinthes sèchant dans seize sachets secs.
  16. Le tas de riz tentant tenta le tas de rats tentés. Le tas de rats tentés tâta le tas de riz tentant.
  17. Des blancs pains, des bancs peints, des bains pleins.
  18. Seize chaises sèchent.
  19. Trois gros rats gris dans trois gros trous ronds rongent trois gros croûtons ronds.
  20. Trois tortues têtues trottent en trottinette.
  21. Combien font ces six saucissons-ci ? Ces six saucissons-ci font six sous. Si ces six saucissons-ci font six sous, ces six saucissons-ci sont trop chers…
  22. Je suis chez ce cher Serge…

 

 ***

LES VOIES DU CHANT

 

(D’après J.P. Blivet, professeur de chant de Nathalie Dessay entre autre)

 

Chanter dans un chœur nécessite de grandes qualités vocales et musicales, mais aussi une aptitude à s’intégrer à un groupe avec une certaine humilité. Le chanteur-choriste doit savoir doser sa voix pour l’intégrer à l’ensemble vocal. Sa voix doit être à la fois souple et sonore sur l’ensemble de sa tessiture, ce qui suppose un travail de recherche d’homogénéité du timbre ; elle doit aussi s’adapter, se mélanger aux autres voix, pour obtenir un ensemble homogène et harmonieux en toutes circonstances, y compris pour les œuvres les plus difficiles.

On rencontre dans ces chorales ou ensembles amateurs des personnalités parmi les plus attachantes et les plus passionnées. Les individus qui les composent y participent bénévolement au nom d’un amour de la voix tout autant que de la musique. Mieux encore, ils y puisent le plaisir de construire ensemble un temple sonore dans l’amitié et la joie, et le pouvoir de modifier l’architecture éphémère et changeante par la diversité des œuvres étudiées, ce jusqu’à la quasi-perfection.

Tout cela nécessite la passion du travail bien fait, l’attachement à une activité de groupe, et l’humilité dans l’acceptation d’une fusion de sa propre voix avec les autres pour la plus grande harmonie de l’ensemble. Le choriste doit donc apprendre à s’écouter parmi la masse chorale, tant pour la sauvegarde de sa voix que pour l’accorder aux couleurs et aux intensités du groupe.

Voici donc quelques constatations, conseils et exercices, pour préserver et développer au mieux ce merveilleux instrument qu’est la voix.

LA RESPIRATION

 

  1. L’INSPIRATION

Elle doit être diaphragmatique intercostale. Il faut respirer assez bas en ouvrant les côtes flottantes. On peut prendre des images pour cette ouverture du bas du thorax :

  1. Se représenter un éventail à l’envers et penser qu’on l’ouvre.

  2. Visualiser le bas de la tour Eiffel et penser qu’on l’écarte.

Bouche ouverte, les piliers du cou s’ouvrent bien, , le larynx descend librement et reste en position basse et vers l’arrière avec commencement de bâillement (le voile du palais se soulève), les cordes vocales s’ouvrent (plus elles s’ouvrent, plus elles viennent s’accoler lors de la phonation).

 

Exercice pour obtenir cette respiration abdo-diaphragmatique intercostale :

  1. Allongez-vous sur le dos ;

  2. Videz-vous complètement jusqu’à manquer d’air après avoir posé un livre assez gros pour recouvrir la partie du corps s’étendant du sternum à la ; moitié de l’abdomen ;

  3. Posez l’une de vos mains sur vos côtes (en partant des dernières côtes jusqu’au sternum) ;

  4. Posez votre autre main à la hauteur de votre bouche (paume ouverte devant vos lèvres) ;

  5. Inspirez et contrôlez avec votre main posée le long du corps que vos côtes s’ouvrent bien largement mais sans contractions ;

  6. Vérifiez ensuite que le livre se soulève, mais très peu ;

  7. Gardez vos poumons emplis durant cinq secondes ;

  8. Soufflez sur la paume de votre main en essayant de ne pas rentrer les côtes et en évitant que le livre ne descende rapidement.

En essayant de tenir les côtes écartées et en tentant de garder le livre en position surélevée, vous allez sentir la sangle pubienne rentrer, puis à son tour la sangle abdominale car, sous l’expulsion de l’air, le diaphragme remonte et l’abdomen l’accompagne dans sa remontée. Faites trois fois de suite cet exercice. Ensuite, mettez-vous debout contre le mur les jambes légèrement écartées. Les talons, les fesses, les épaules et la tête doivent être en contact avec le mur. Inspirez en écartant souplement les côtes. Expirez en essayant de garder les côtes ouvertes et sans quitter vos contacts avec le mur. Ultérieurement, quand vous aurez réussi cet exercice avec souplesse, essayez de redresser la cambrure et ouvrez le bas du dos. L’ouverture du bas du dos est indispensable à l’obtention d’un bel aigu libéré.

  1. LE SOUFFLE

Pendant la phonation (c’est-à-dire pendant le chant), il suffira de penser que l’on continue à prendre de l’air pour que les côtes ne s’effondrent pas. Alors que le vestibule laryngé et l’arrière-gorge resteront ouverts. Les piliers du voile du palais, très légèrement écartés, garderont aussi leur positionnement. Le diaphragme fait un travail de pompe à bicyclette. C’est le piston intérieur muni d’un joint hermétique qui le pousse.

  1. L’OUVERTURE

En ouvrant la cavité rhinopharyngée et le vestibule laryngé, on étire latéralement le voile du palais, comme une toile de tente ou un parapluie. Il va faire fonction de peau de tambour, et répercuter les vibrations émises par les cordes vocales dans fosses nasales en les amplifiant encore.

Pour ne pas tuber la voix ni la pousser, il faut maintenir un soutien diaphragmatique et une ouverture intercostale souples mais continus. C’est « l’apertura » (ouverture).

 

LA PROJECTION DU SON

Les maîtres italiens l’appelaient la recherche du « squillo ».On obtient cette projection en avant en pensant le son DEVANT SOI bien qu’il soit fabriqué dans la cavité pharyngée bien ouverte. Pour bien projeter le son, on peut se servir d’images comme :

  • La vague qui arrive derrière le surfer et s’enroule au-dessus de sa tête pour retomber loin en avant ;

  • La capuche du moine qu’on ouvre et qu’on met bien en avant devant les yeux.

Cela aura pour effet de produire un son à la fois brillant et rond, évitant ainsi tout risque de la grossir et de tenter de le ravaler.

Selon cette méthode, on cesse de s’entendre par conduction osseuse (conduction de l’oreille interne). Le son, déjà libre grâce à l’ouverture du vestibule laryngé et de toute la voûte rhino-pharyngée, va, sous l’empire de cette pensée de projection en avant, se répandre amplement et souplement dans la salle. C’est le son squillo.

LES EXERCICES

On a employé abusivement le terme « vocalises » à tout propos. Ce mot provient originellement du mot italien « vocale » (voyelle). La recherche souple sans entrave nécessite en effet un travail presque essentiellement basé sur les voyelles. Ces exercices obéissent à un ordre dans le travail vocal. Nous utiliserons les phonèmes OR, O, OUI.

  • Le OR va ouvrir la cavité pharyngée

  • Le O va permettre de garder le larynx abaissé

  • Le OUI aidera à venir encore vers l’avant, et donner à la voix ce qu’on appelle « l’acuité.

Le travail technique commencera par une recherche d’ouverture, suivie d’un assouplissement.

 

L’ORGANISATION DU TRAVAIL VOCAL

 

  1. LA DUREE DU TRAVAIL QUOTIDIEN

Le mieux est de travailler 4 à 5 fois par jour en ne dépassant pas 20 à 30 minutes par séance. Le travail d’apprentissage musical et textuel doit se faire, pour une grande part, sans chanter.

  1. LE REPOS VOCAL

S’il est vrai qu’un travail vocal trop intensif est à déconseiller, le repos vocal total prolongé l’est presque autant. Il vaut mieux un travail prudent et très court.

  1. MARQUER EST-IL REPOSANT OU FATIGANT POUR LA VOIX ?

Marquer veut dire chanter les notes ou les passages aigus à l’octave inférieure pour moins fatiguer les cordes vocales. Oui, c’est bien si les sons ne sont pas trop graves, sinon les cordes vocales se retrouvent très détendues et on fatigue la voix au lieu de la reposer. On supprime la tonicité des cordes si l’on chante souvent de cette façon.

Il faut savoir aussi que répéter à mi-voix est très préjudiciable et à déconseiller totalement. En effet, ce faisant, les cordes vocales ne viennent pas s’accoler suffisamment ; la pression sous-glottique, qui ne doit pas être trop forte, est dans ce cas insuffisante. On crée donc une habitude de mauvais accolement des cordes et un soutien diaphragmatique déficient. Les cordes, ne s’accolant pas parfaitement, laissent passer de l’air. C’est la raison pour laquelle la voix devient peu puissante. Le chanteur peut croire qu’il repose sa voix ; en réalité il chante sur des cordes insuffisamment tendues et donc mal accolées avec une respiration incomplète, donc avec un mauvais soutien du souffle, et le son en est « voilé ».

SE PREPARER A CHANTER

On entend souvent l’expression « chauffer la voix ». C’est un terme inadapté. En effet, les cordes étant à l’abri de la trachée, sont chaudes ! Il vaut mieux penser « ouvrir la voix ». ; ouvrir les résonateurs de la voix et assouplir tous les muscles de l’appareil phonatoire ; réveiller les muscles du corps et notamment les muscles de la sangle abdominale, en particulier les grands obliques et les muscles intercostaux.

Les exercices vocaux consisteront à ouvrir la gorge en gardant le larynx en position basse, tandis que les piliers du palais s’écarteront légèrement et souplement au fur et à mesure de la montée de ces exercices vers l’aigu. Ce travail technique se fera presque exclusivement à l’aide des voyelles (vocale en italien).

Le travail de préparation d’une voix doit se faire par des exercices lents de pose de la voix. Cela signifie aussi positionnement favorable de l’ensemble laryngé, puis assouplissement de la voix.

 

LES NOTES AIGUËS

Penser et aider mentalement à la bascule vers l’avant du larynx. Les notes précédant l’aigu doivent être exécutées dans la souplesse et l’ampleur et sont aussi importantes que les notes aiguës elles-mêmes qui dépendent de ces précédentes notes.

Pour l’aigu, ouvrez un peu plus le bas du dos ; n’oubliez pas en effet que le diaphragme s’attache plus bas dans le dos qu’à l’avant du thorax où il est situé au niveau du sternum. En ouvrant cette partie du bas du dos, vous stabilisez le diaphragme et ouvrez mieux l’ensemble vestibule laryngé-pharynx.

Laissez la mâchoire descendre librement et souplement sur les notes aiguës. Rappelez-vous la phrase du célèbre ténor Tamagno qui, en parlant de la mâchoire inférieure, disait : « Questa parte me la prendo, me la butto » (cette partie, je la prends, je la jette). La mâchoire doit être en effet relâchée, quelle que soit la difficulté de la note à atteindre. Une bonne technique doit permettre d’obtenir une grande intensité avec un minimum de tension.

IL FAUT S’ECOUTER CHANTER POUR ESSAYER

DE CORRIGER SES PROPRES IMPERFECTIONS !

 

LES SONS PLATS OU EN ARRIERE

 

Larynx trop haut

 

LE VIBRATO EXAGERE

 

L’appui glottique (la pression entre les cordes) est trop important et il y a contraction au lieu d’extension musculaire. Ne pas confondre vibrato et chevrotement. Cette instabilité de la voix n’a rien à voir avec la richesse harmonique qui détermine le véritable vibrato. Les HARMONIQUES sont composées de sons ayant une fréquence multiple de la fréquence du son fondamental, et qui viennent s’ajouter à ce son initial, enrichissant ainsi le timbre de la voix qu’elles participent à déterminer.

LE RELEVEMENT DE LA LANGUE

 

Il est dû à une trop forte contraction au niveau de sa racine. Une partie des vibrations est en effet arrêtée par ce relèvement de la pointe de la langue et se propage à l’intérieur de la cavité buccale, ce qui flatte l’oreille interne par conduction osseuse.

Deux exercices sont conseillés sur des notes répétées, afin que la langue reste positionnée près des incisives du bas et bien à plat. Monter par demi-tons.

1er exercice : yor/yé/yor/yé/yi (comme dans bouilli)

La pointe de la langue se pose contre les dents d’en-bas. De ce fait, les vibrations viennent sonner au niveau de la lèvre inférieure.

 

2ème exercice : gnor/gné/gni

Comme en mâchant ; permet aux vibrations de venir palpiter sous la lèvre supérieure et à la base du nez, atteignant aussi les sinus maxillaires, la langue retombant chaque fois à plat derrière les incisives inférieures.

LE RECUL DE LA LANGUE

Il est dû à une trop grande tension. C’est un défaut plus répandu chez les femmes, et ce n’est pas le hasard : les sopranos, notamment, chantent à l’octave au-dessus des voix d’hommes et la fréquence des sons qu’elles émettent est beaucoup plus élevée. Sur le plan anatomique, la racine de la langue est reliée musculairement à l’os hyoïde, lui-même rattaché par des ligaments au larynx. Ainsi la langue, quand elle bouge trop, entraîne un vibrato exagéré et même un déplacement laryngé. Ce soulèvement de la langue obstrue en partie le pharynx, ce qui ôte à la voix son ampleur et sa rondeur.

Les deux exercices précédents permettent de garder la langue à plat avec la pointe effleurant les dents ; elle prend alors l’habitude de ne plus reculer, y compris dans l’aigu.

Il est vrai que le dos de la langue remonte sur les voyelles é et i, mais grâce à des exercices appropriés, ce relèvement peut être moins accentué et la langue reste à plat sur l’ensemble de la phonation. Plus la langue reste à plat (comme une serpillère), plus l’espace situé entre elle et le palais est grand ; plus la voix, par conséquent devient ample, libérée et également sonore.

L’EXAGERATION LABIALE

 

Préférons le terme « prononciation » à celui « d’articulation ».

La prononciation suppose une ouverture de l’arrière-gorge et un travail minimal des lèvres. De cette façon, le son est déjà bien formé dans le pharynx et il suffit de peu d’effort des lèvres pour obtenir un son bien « prononcé » (et non pas « articulé ». A quoi sert sinon d’avoir une caverne pour aller crier « hou ! hou ! » à l’extérieur ? De plus, cette exagération de la crispation des lèvres entraîne une crispation de tout l’appareil laryngé et une remontée en avant du larynx.

 

LES PROBLEMES DE LA VOIX PARLEE

 

Beaucoup de professeurs des écoles et des collèges et lycées ont des problèmes de voix : ils doivent se faire entendre de l’ensemble des élèves dans un espace important. D’une manière générale, beaucoup de personnes se servant de manière intensive de leur voix parlée sont sujettes à des fatigues ou à des difficultés d’émission. Il faut noter que les voix détériorées ou très fatiguées sont moins nombreuses chez les chanteurs professionnels. L’explication se trouve dans le soutien du souffle et dans l’émission du son. En effet, on n’apprend pas aux enseignants à se servir de leur voix. Il conviendrait pourtant d’adopter une démarche préventive dans cette profession. Les grands maîtres italiens du passé disaient toujours : « Chante comme tu parles ». Pour les enseignants, il faudrait intervertir la formule : « Parle comme tu chantes ». Et, pour y parvenir, d’abord acquérir une respiration diaphragmatique intercostale.

 

Dans ce but, allongez-vous sur le dos. De cette manière, en effet, même une personne non expérimentée respirera beaucoup plus bas, donc sans soulever les épaules, et par conséquent sans contracter la partie supérieure du thorax. Expulsez tout l’air de vos poumons. Posez les mains sur les côtes et écartez-les bien en inspirant sans excès pour ne pas entraîner de réaction des muscles antagonistes à ce geste d’ouverture. Recommencez plusieurs fois en vous vidant au maximum. Contrôlez que le ventre ne se gonfle pas beaucoup et privilégiez bien l’écartement du bas du thorax. Puis mettez-vous debout et soufflez sur la flamme d’une bougie en la couchant sans toutefois l’éteindre jusqu’à manquer d’air. Ensuite, prenez une bonne inspiration et au lieu de souffler, chantez sur une note du médium (c’est-à-dire pas très haute) : les phonèmes OR pour ouvrir la voûte pharyngée, YOR pour faire travailler la langue. Yé puis NIOR NIé NI. Pour tonifier les cordes, dites ensuite QUE, QUé, QUI, puis GUE, GUé, GUI. Puis TE, DE, LE. Enfin dites OR, é, I. Ne parlez pas de manière intensive sans avoir fait ces exercices le matin en vous levant ; Dans la journée, quand vous devez beaucoup parler, prenez toujours votre inspiration profondément comme pour chanter. Les codes se tonifieront avec les exercices et un bon soutien du souffle. Parlez de manière absolument normale, sans affectation. Par contre, pensez toujours projection du son en avant comme lorsqu’on appelle une personne. Si votre voix semble déjà détériorée, consultez un bon professeur de chant ou un orthophoniste ou phoniatre.

 

PRECAUTIONS PARTICULIERES A PRENDRE

POUR LA VOIX D’UN CHORISTE

 

La voix d’un choriste doit être à la fois solide, puissante et suffisamment souple pour se fondre dans l’ensemble sonore auquel il participe. Cela impose de beaucoup écouter les autres pour régler l’intensité de sa propre voix sur l’ampleur sonore environnante, en fonction également des nuances voulues par l’auteur et exigées par le chef. Cette recherche d’adaptation enlève peu à peu à la voix sa projection, son extériorisation, si elle n’est pas travaillée en dehors du groupe.

C’est le premier, le plus fréquent et le plus redoutable écueil pour un choriste. En effet, contrairement au soliste qui extériorise sa voix en permanence en recherchant sa projection dans la salle, le choriste doit veiller à l’adapter et à la retenir parfois sur les notes extrêmes pour mieux la dissoudre dans le chœur.

Le deuxième écueil guettant le choriste est de chanter des œuvres écrites pour un ensemble de voix et non pour une voix particulière, à l’inverse de ce qui échoit au soliste. Plus ardu encore, il devra chanter des œuvres tantôt trop aiguës, tantôt trop graves et, malgré ces difficultés, imposer à sa voix des nuances, non seulement en fonction des nécessités musicales, mais en faction des autres voix qui l’entourent. Pour conserver sa voix, mieux encore, pour l’améliorer, le choriste doit accomplir un travail personnel d’assouplissement et de projection du son avec des exercices bien adaptés à ce travail spécifique. Il doit se considérer continuellement et tout au long de sa vie comme un choriste lorsqu’il travaille sa voix.

 

  1. Le choriste accomplit un travail plus difficile qu’il n’y paraît ;

  2. S’il n’y prend garde, il ne s’entend pas bien parmi les autres voix ;

  3. Il doit poser sa voix en fonction des nuances, comme tout chanteur, mais aussi en fonction des voix qui l’entourent ;

  4. Il ne chante pas toujours des tessitures qui lui conviennent parfaitement ;

  5. Il est souvent contraint de recommencer un passage difficile et fatiguant, même si ce sont les autres qui ne sont pas au point.

Le choriste doit donc apprendre à s’écouter parmi la masse chorale, tant pour la sauvegarde de sa voix que pour l’accoler aux couleurs et aux intensités du groupe.

 

 

On ne dira jamais assez à quel point un ensemble vocal bien préparé peut devenir un enchantement pour l’oreille. Cette musique qui sort de cent poitrines à la fois est émise aussi par cent cœurs unis dans la même exaltation de la beauté sonore. Toutes les joies, les peines, les passions s’y trouvent décuplées, amplifiées, comme dans les opéras de Verdi où le chœur tient souvent le rôle principal. Il est alors multiple comme ces voix aiguës et graves mélangées, et unique comme la voix de tout un peuple. L’artiste des chœurs, on le comprend dès lors, est un élément indispensable à l’exécution d’une œuvre tout autant que le soliste. Son travail est différent mais tout aussi difficile (dans la durée surtout). Il doit en conséquence, prendre grand soin de sa voix, afin que n’existe aucun maillon faible dans la chaîne que forme l’ensemble du chœur.

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 DES CONSEILS POUR LIRE UNE PARTITION

Voici une vidéo pour vous aider à lire une partition, à vue ou pas. Cette technique proposée par Katja Keller vous aidera à interpréter la partition qui vous intéresse au tempo réel.

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CONSEIL :

DETENDRE SA MACHOIRE POUR MIEUX CHANTER

La plus grande attention doit être portée à cette partie de ce que l’on appelle « le conduit » et ce, avant même de commencer à chanter. Comme un sportif, vous allez devoir vous échauffer. En l’occurrence, étirer votre mâchoire pour la rendre plus souple et surmonter la fameuse crispation. On ne vous demandera pas de jouer les Jim Carrey ou les Michel Courtemanche, de simples exercices de relaxation suffiront.

Premier exercice : le lâcher-prise

Le plus simple et le plus naturel est déjà de laisser aller votre mâchoire. Vous ouvrez progressivement la bouche – doucement, il ne s’agit pas de vous la décrocher – et vous laissez pendre la partie inférieure, en direction de votre cou. Votre sex-appeal va en prendre un coup, vous aurez l’air moins intelligent, mais cela va détendre les muscles situés entre les maxillaires inférieurs et supérieurs. Placez ensuite vos doigts à la jonction et essayez de repérer le trous qui s’est formé. Restez ainsi dessus une dizaine de secondes.

Deuxième exercice : le massage

Placez votre index et vote majeur à l’arrière de vos joues, à côté des oreilles. Ouvrez la bouche progressivement jusqu’à sentir un léger décrochage de votre mâchoire au niveau de votre majeur. Commencez alors un massage léger, pas trop fort. Vous devriez bientôt ressentir une irrépressible envie de bailler. Ne vous contenez surtout pas, ces bâillements sont l’expression du besoin de votre mâchoire de se détendre.

Troisième exercice : le repos de la nuque

Placez vos mains sur l’arrière de votre tête, au niveau de la nuque, de façon à soutenir votre tête. Puis relâchez les muscles de votre nuque. Ce sont maintenant vos mains seules qui soutiennent votre tête. Chantez de cette façon, vous devriez sentir votre mâchoire se relâcher et votre chant gagner en assurance.

Quatrième exercice : la lecture

Récitez à voix haute des syllabes présentant le son « o » fermé et long ((o:)) en phonétique. Par exemple, les mots « chose », « rose », « prose » ou encore « rôle ». Votre mâchoire sera ainsi sollicitée dans une position qui lui permettra en même temps de se détendre.

Pratiquez ces exercices avant de vous lancer au micro, vous devriez rapidement sentir la différence.

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année 2011

Le Dauphiné Libéré du 20 décembre 2011